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samedi, 10 novembre 2018

IMPORTANT - Comment stopper la lèpre plastique - Partage - Valère Staraselski

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Comment stopper la lèpre plastique - Partage - Valère Staraselski

PLASTIQUES PARTAGE.jpgLa Commission européenne a voté, le 23 octobre, une série de mesures allant de l’interdiction pure et simple de certains produits plastique à usage unique en passant par des actions d’information des consommateurs et des objectifs de réduction de la consommation de certains produits

« Nous n’avions pas conscience des conséquences du plastique qui se retrouve dans notre environnement jusqu’à ce que nous nous retrouvions au pied du mur », admet Jenna Jambeck, ingénieure en environnement à l’université de Géorgie (Etats-Unis), spécialisée dans l’étude des déchets plastiques dans les océans.

On ne le sait pas assez, chaque minute se déverse l’équivalent d’un camion à ordure complet de plastique dans les océans. Ce qui provoque la mort d’un million d’oiseaux par an  et de 100 000 mammifères marins. Les déchets plastiques ne se décomposent pas mais se brisent en morceaux si fins qu’ils contaminent en laissant s’échapper les produits chimiques qu’ils contiennent. Selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), qui indique que la demande de plastique a dépassé, ces dernières années, celle de l’acier, de l’aluminium ou du ciment, la production pétrochimique mondiale va augmenter de 30% d’ici à 2030 et de 60% d’ici à 2050. Pour Patrick Pouyanné, PDG de Total, grâce au plastique, « l’industrie pétrolière a de beaux jours devant elle. La demande est en pleine croissance en Asie et au Moyen-Orient. » Plastiques, engrais, emballages, détergents, pneus, vêtements, les produits issus de la pétrochimie devraient continuer à être produits à grande échelle en dépit de leur impact sur l’environnement. Et le plastique devrait représenter environ 60% du total de la production pétrochimique. 300 millions de tonnes sont fabriquées chaque année dans le monde, dont plus de 60 en Europe.

Nous utilisons et jetons annuellement l’équivalent de notre poids corporel en plastique (63 Kg en Europe, 68 Kg en France et 90%de ces déchets persisteront longtemps, mettant plus de 100 à 200 ans à se dégrader en micros puis en nanoparticules qui se répandent dans notre environnement, s’immisçant dans tous les organismes vivants. 

Les nanoparticules possèdent en effet la faculté de traverser les barrières tissulaires pour venir s’accumuler dans nos organes, tels que le foie, et d’en perturber à long terme le fonctionnement. Ces micros et nanoparticules qui ont déjà été repérés dans l’eau potable, le miel, le sel, les produits de la mer, sont liés aux polluants qu’ils transportent  et redistribuent et contamineront de façon invasive toute la chaîne alimentaire.

De ces plastiques usagés, Nathalie Gontard, directrice de recherche, professeure des sciences de l’aliment et de l’emballage à l’INRA, assure dans un article pour le site The Conversation, que « plus des trois quarts finissent leur vie dans nos terres, nos eaux douces et nos océans ». D’après elle, « le quart restant est réparti entre recyclage et incinération ». Selon la première étude réalisée sur le recyclage des déchets plastiques, « les Etats-Unis se classent derrière l’Europe (30% du plastique recyclé) et la Chine (25%) en matière de recyclage. La France affiche des performances médiocre avec un taux moyen de 20% environ »

D’où l’annonce du Premier ministre français, Edouard Philippe, de recycler  100 % des plastiques d’ici à 2025. Rappelons que, selon l’Agence Internationale de l’Energie, « 9% du plastique produit depuis 1950 a pu être recyclé et 12% incinéré ».

Quant à Nathalie Gontard, elle précise*(La vidéo) * que « 14% en moyenne des plastiques usagés sont collectés pour être recyclés. Sur ces 14%, 4% sont perdus au cours du processus de recyclage et rejoignent donc le rang des déchets dispersés. 8% sont recyclés en circuit ouvert, c’est-à-dire pour des applications différentes, par exemple pour faire un pull qui une fois usé ne sera plus recyclable. Les fibres du pull usagé étant chargées de nombreux additifs, colorants, contaminants, et. La dégradation du polymère les rend en effet impropres pour un recyclage visant un usage similaire.  Il convient ici de parler de décyclage plutôt que de recyclage ».

Aussi, rappelant que « l’interdiction de la mise en décharge des déchets plastiques  pour les diriger vers les stations de recyclage ou d’incinération (option cependant peu recommandée qui nécessite une étape de purification) qui est un premier pas que la France devra franchir d’ici 2025 »,Nathalie Gontard préconise, entre autres mesures attendues et devant faire l’objet d’un soutien sans délai, « la réduction efficace de notre consommation de plastiques puis leur retrait graduel du marché ».

C’est ainsi, par exemple, que le 25 juin 2018, l’Etat du Maharastra en Inde, pays extrêmement pollué, a décidé d’interdire totalement les matériaux plastiques : leur fabrication, leur utilisation, la vente, la distribution et le stockage, en particulier les objets à usage unique. Après deux ans de campagne de sensibilisation et d’initiatives citoyennes de grande ampleur, toute infraction est passible d’amende et de prison. Reconversion et réorientation  économique ont dans ce domaine de beaux jours devant elles. Aux entrepreneurs, aux partenaires sociaux, aux pouvoirs publics de se montrer à la hauteur des enjeux en prenant les initiatives appropriées.

22:55 Publié dans Important | Lien permanent | Commentaires (0)

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